La productivité du travail constitue un élément fondamental de l’économie, conditionnant la capacité d’un pays à offrir un haut niveau de vie à ses habitants. Le Luxembourg dispose d’un niveau élevé de productivité, deuxième derrière l’Irlande dans l’Union européenne, tout en subissant une évolution négative de celle-ci. En effet, la productivité luxembourgeoise a diminué de 2,9% au cours des 20 dernières années quand la productivité du travail de l’économie européenne augmentait de 21,1%. Cette détérioration s’est accélérée au cours des dernières années.
Le document de travail n°35 « Repousser la frontière productive – Le Luxembourg au regard de ses compétiteurs européens » explore plus en détail cette contre-performance selon deux grands axes : l’évolution sectorielle de la productivité et la comparaison avec les économies les plus performantes au niveau européen.
L’étude démontre toute l’importance de la dynamique sectorielle dans l’évolution de la productivité luxembourgeoise. Si les transformations de la ventilation sectorielle de l’économie ont eu un impact positif sur la productivité globale, les évolutions intra-sectorielles l’ont fortement dégradée. Le document de travail analyse ces évolutions secteur par secteur, la quasi-totalité des tendances sectorielles se révélant négatives par rapport à l’Union européenne. La stagnation, voire la diminution, de la productivité luxembourgeoise n’est pas une fatalité. Des pays européens très productifs tels que le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas ont su améliorer leur productivité du travail dans son ensemble et dans de nombreux secteurs. L’étude propose des recommandations dans cette optique, avec notamment le maintien du soutien à la place financière, l’élaboration de politiques visant à contrer les freins sectoriels de la productivité et l’accélération du développement des nouveaux secteurs de spécialisation.
