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Fondation IDEA - Document de travail N°38 : Heat Pumps in Luxembourg: Overcoming an Unfavorable Context to Accelerate Deployment

Affaires économiques

Rentables à long terme, mais un déploiement encore lent 

Le bâtiment représente environ 20 % des émissions nationales de gaz à effet de serre liées à l’énergie, dont 13 % pour le seul chauffage des logements (2024). Fin 2024, le Luxembourg comptait environ 20 000 pompes à chaleur, soit moins de 80 installations pour 1 000 ménages, alors que le STATEC envisage plus de 150 000 unités d’ici 2050. 

Ce chiffre n’est toutefois qu’une estimation : aucune statistique officielle régulière n’existe et les sources divergent fortement (EurObserv’ER avance environ 5 200 unités en 2023). Ce manque de données complique le pilotage de la politique publique. 

Un avantage économique net face au gaz et au fioul 

IDEA compare une pompe à chaleur air-eau à une chaudière au gaz et au fioul sur vingt ans, dans trois situations types, avec les aides actuelles1. Les coûts actualisés sur vingt ans, incluant la consommation énergétique, ressortent comme suit : 

  • Construction neuve : environ 38 500 € pour la pompe à chaleur, contre 45 900 € pour le gaz (seuil de rentabilité face au gaz après environ 7 ans). 

  • Rénovation standard : environ 37 500 €, contre 45 900 € pour le gaz et 54 300 € pour le fioul (seuil de rentabilité face au gaz après environ 6 ans). 

  • Rénovation complexe : environ 42 500 €, contre 45 900 € pour le gaz (seuil de rentabilité face au gaz après environ 14 ans). 

Les chaudières au fioul sont systématiquement le choix le plus couteux. Grâce à son efficacité bien supérieure mais également aux aides et à un prix de l’électricité favorable, l’investissement dans une pompe à chaleur est avantageux financièrement. Côté climat, remplacer une chaudière au gaz par une pompe à chaleur réduit d’environ 68 % les émissions opérationnelles du chauffage (76 % pour le fioul). 

Un coût d’installation parmi les plus élevés d’Europe

Le coût brut représentatif d’une installation air-eau s’établit à environ 35 000 € au Luxembourg, au niveau de l’Allemagne, contre environ 15 000 € en France, 12 000 € aux Pays-Bas et 10 000 € en Belgique (Flandre). Les revenus plus élevés du pays n’effacent qu’en partie cet écart : ajusté du pouvoir d’achat, le poids de l’installation est inférieur d’environ 29 % en France, de 40 % en Belgique et de 42 % aux Pays-Bas à celui observé au Luxembourg, et supérieur d’environ 70 % en Allemagne. En l’absence de données exhaustives des coûts d’installation, dans notre modèle la pompe à chaleur reste plus intéressante financièrement que le gaz jusqu’à un coût d’installation d’environ 50 000€2. 

IDEA identifie plusieurs éléments qui peuvent influencer la décision des ménages : des coûts d’installation élevés, un gaz relativement bon marché, une rénovation jugée peu nécessaire par une partie des ménages, des freins propres à la location et à la copropriété. 

Quelles orientations pour accélérer le déploiement ?

Dans le document de travail, quatre pistes sont évoquées : 

  • Améliorer la donnée : disposer d’un suivi fiable et régulièrement actualisé du parc, des coûts d’installation et des performances réelles. Ces données sont essentielles pour mieux piloter et évaluer l’efficacité des aides. La loi n°8595, votée cet été, devrait permettre d’améliorer le suivi des pompes à chaleur installées.  
  • Préserver un rapport de prix électricité/gaz favorable : un gaz bon marché affaiblit l’incitation à électrifier le chauffage. 
  • Bien que compliqué, il est toujours possible d’installer une chaudière fossile dans un bâtiment neuf (surtout pour les immeubles à appartements). Afin de sortir de la dépendance à un réseau gazier dont les coûts fixes sont supportés par une base de clients toujours plus faible, il faudrait fixer une date d’interdiction des nouvelles chaudières fossiles dans les bâtiments résidentiels neufs, après une période de transition et avec de rares exceptions techniques justifiées.  
  • Concernant la location et la copropriété, une approche purement volontaire reste insuffisante. Avantages fiscaux, préfinancement et exigences minimales de performance futures peuvent être combinés, avec un soutien renforcé pour les ménages modestes.

Télécharger le document de travail ici