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« Une banque de familles pour les familles »

15.04.2016 10:36

Degroof Petercam Luxembourg

(De g. à dr.) Steve Breier, directeur administratif et financier de la Chambre de Commerce; ; Laurent Meiers, Head of Marketing et Communication Degroof Petercam Luxembourg; Tom Baumert, de l'Espace Entreprises de la Chambre de Commerce; Patrick Wagenaar, directeur Private Banking Degroof Petercam Luxembourg; Corinne Briault, rédactrice en chef adjointe Merkur ; John Pauly, directeur Asset Services Degroof Petercam Luxembourg ; Alain Schockert, président du Conseil d’Administration Degroof Petercam Luxembourg ; Paul Irthum, responsable du Développement commercial des Dirigeants/Actionnaires d’entreprises au Luxembourg et Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de Commerce

La Banque Degroof Luxembourg a été fondée en 1871 à Bruxelles par Franz Philippson. La filiale luxembourgeoise a ouvert ses portes en 1987 avec quatre collaborateurs installés au numéro 1 de la Place d'Armes. La Banque Degroof Petercam est une institution financière indépendante de référence, familiale dans le sens où elle est principalement dirigée par des familles (Philippson, Peterbroeck, Van Campenhout, Haegelsteen, Schockert, Siaens / CLdN Finance / Cobepa), proposant ses services à des investisseurs privés et institutionnels. Les clients bénéficient des meilleurs services possibles grâce à une combinaison unique alliant banque privée, gestion institutionnelle, investment banking (corporate finance et intermédiation financière) et asset services.

La Banque Degroof gère ainsi plus de 50 milliards d'euros d'actifs au profit d'investisseurs particuliers et de familles, de sociétés, de fonds de pension publics et d'entreprises, de compagnies d'assurances et d'organisations gouvernementales et sans but lucratif. Récemment toutes les équipes ex-Degroof et ex-Petercam, soit 329 personnes se sont retrouvées sous un même toit au n° 12 de la rue Eugène Ruppert dans le quartier de la Cloche d'Or où Banque Degroof Luxembourg est installée depuis 2003. Les deux banques ont en effet fusionné.

Petercam, qui a créé sa filiale luxembourgeoise en 1985, s'est initialement spécialisée dans la gestion privée. Au début des années 2000, le groupe a transféré au Luxembourg la gestion de sa gamme de fonds obligataires et a créé en 2014 sa propre société de gestion institutionnelle, Petercam Institutional Asset Management (Luxembourg) SA. Petercam Luxembourg voit ainsi ses 36 collaborateurs rejoindre les locaux de l'ex-Banque Degroof Luxembourg.

A la veille de fêter ses 30 ans à Luxembourg et les 145 d'existence du Groupe, cette fusion s'inscrit dans le développement stratégique du groupe au sein duquel l'entité luxembourgeoise joue un rôle essentiel. L'administration de fonds est un métier central pour la nouvelle entité Degroof Petercam Luxembourg.

Toujours basée à Bruxelles (pour le siège), le groupe emploie aujourd'hui 1.400 professionnels expérimentés en Belgique, au Luxembourg, en France, en Espagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, et à Hong Kong.

Entretien avec Alain Schockert, président du Conseil d'Administration Degroof Petercam Luxembourg ; Philippe Masset, CEO Degroof Petercam ; John Pauly, directeur Asset Services ; Patrick Wagenaar, directeur Private Banking ; Laurent Meiers, Head of Marketing et Communication; Paul Irthum, responsable du Développement commercial des Dirigeants/Actionnaires d'entreprises au Luxembourg.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Lors de la fusion Degroof - Petercam au Luxembourg le 1er avril (la fusion en Belgique a eu lieu le 1er octobre 2015), nous avons regroupé les équipes des deux entités au siège à la Cloche d'Or et maintenant nous tirons profit des riches ressources humaines avec de la valeur ajoutée. Le groupe est désormais présent dans 9 pays: Belgique, Pays Bas, Luxembourg, France, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie et Hong-Kong. Degroof Petercam Luxembourg est de loin la filiale la plus importante du groupe, nous y employons 329 personnes, soit pratiquement un quart des effectifs du groupe. Des métiers importants entiers sont localisés ici, comme l'administration de fonds. D'autres sont très fortement présents, comme le private banking, la salle de marchés et le corporate finance. Luxembourg est donc tout à fait essentiel dans notre dispositif, et il va le rester, plus que jamais. Le but est clairement de conserver une entité épanouie dans le groupe, forte et en croissance, à l'affût de développements intelligents au Grand-Duché.

Ainsi, au nombre des grands projets en cours, nous pouvons mentionner la digitalisation et les technologies mobiles : nous élaborons tout un plan d'action en la matière. Un plan réellement multifacettes. Nous partons du fait que, évidemment, nous croyons fortement dans notre modèle: celui d'une banque indépendante, à haute valeur ajoutée dans des métiers spécifiques basés sur une relation de confiance et de très grande proximité avec le client. Ce modèle est pérenne, mais il doit aujourd'hui s'exprimer dans un environnement en révolution, que ce soit dans la façon de consommer ou d'interagir. Nous devons donc suivre cette évolution sans pour autant devenir une banque directe. Il y a d'abord un élément culturel fondamental qui consiste à amener nos propres équipes à évoluer et à appréhender ce que sera demain dans les besoins de changement et les fonctionnements. Parallèlement, il est indispensable de voir quels sont et surtout quels seront les besoins des clients. Nous voulons maintenir notre modèle de proximité et faire en sorte qu'il puisse s'exprimer dans un mode de consommation différent. Mais cela aura aussi un impact sur nos équipes. Car aujourd'hui, dans les interactions avec les clients, le volet administratif est encore très présent. Or, si nous permettons au client de faire lui-même certaines démarches, le contact avec le conseiller sera alors axé sur la haute valeur ajoutée relationnelle. Dans la segmentation client dans laquelle nous sommes, la proximité et l'interaction humaine restent centrales. On ne peut évidemment pas discuter de tout à travers un écran.

Autre projet : l'administration des fonds. Nous concentrons au Luxembourg toute l'activité du groupe en matière d'administration de fonds, ce qui représente environ 40 milliards d'euros, dont un quart en fonds de tiers. Enfin, concernant le family office, nous avons l'ambition de démarrer cette activité dès cette année et au sein du groupe le Luxembourg est un axe décisif dans ce métier. A noter encore que nous restons attentifs à toute opportunité de croissance externe au travers de cibles qui partagent nos valeurs et notre approche.

Quelles est la réalisation dont vous êtes les plus fiers?

L'historique d'une banque indépendante à ancrage familial. Le fait qu'en tant qu'entreprise familiale la banque est restée indépendante depuis 145 ans contrairement à la majorité des autres banques et que, grâce à la fusion récente, la banque peut continuer à le rester au cours des prochaines années. Nous sommes aussi fiers de la formidable croissance au Luxembourg : la banque, depuis son origine il y a 145 ans, est fondée sur un socle actionnarial familial ; son indépendance est renforcée par la récente fusion avec le groupe Petercam. Lors de sa création, la banque comptait 5 collaborateurs basés à la Place d'Armes. Aujourd'hui, soit près de 30 ans après, l'effectif compte 329 personnes. Nous sommes propriétaires de notre siège à la Cloche d'Or, un immeuble qui regroupe toutes les activités de la banque : l'administration des fonds, le private banking, la salle de marché et le corporate finance. Aujourd'hui nous gérons plus de 6 milliards d'euros en banque privée.

Quels sont les grands défis auxquels vous devez faire face dans votre secteur d'activité ?

Le Luxembourg est tout à fait essentiel dans notre dispositif et il va le rester, plus que jamais. Le but est clairement de conserver une entité épanouie dans le groupe, forte et en croissance, à l'affût de développements intelligents au Grand-Duché. Nous souhaitons développer notre visibilité et notre présence commerciale au Grand-Duché. Nous sommes convaincus qu'une entreprise, et encore plus une banque, constitue un réel élément de dynamique sociétale à l'endroit où elle est présente physiquement. Or, même si nous avons une banque de taille respectable avec 330 collaborateurs, notre visibilité est encore perfectible. Nous nous y employons. Mieux servir le marché local et être davantage présent n'est d'ailleurs pas non plus incompatible avec la volonté de discrétion qui nous caractérise. Nous continuons à servir la clientèle locale, aussi bien les entreprises que les particuliers, dans les limites de notre modèle, de notre taille et de notre capacité. Évidemment, nous n'entendons pas du tout sortir de notre modèle. Il y a des activités que nous ne couvrons pas, comme celle de banque retail, et que nous ne comptons pas faire. Nos trois métiers principaux sont la banque privée, la banque d'affaires et l'administration de fonds. Et nous nous y tenons.

Il existe différents leviers de croissance sur lesquels nous allons nous appuyer au Luxembourg, ce ne sont pas nécessairement de nouvelles voies, mais plutôt continuer sur la lancée de ce qui est en cours. Pour l'administration de fonds, nous avons deux objectifs de croissance. D'une part, en déployant pleinement l'activité par rapport à toutes nos activités internes du nouveau groupe fusionné, ce qui n'était pas le cas auparavant, et, d'autre part, en misant sur une stratégie externe de croissance, de niche, que nous voulons poursuivre, aussi bien auprès de clients locaux qu'à l'international en Europe.

Concernant la banque privée, nous voulons poursuivre notre développement en nous fondant sur les atouts du pays, que ce soit en termes de stabilité, que de créativité intelligente et du sens du business. Le tout en poussant davantage le Luxembourg comme hub pour certains types de services qui y peuvent être mieux organisés. L'impact de l'abandon du secret bancaire a été moins important pour nous que pour d'autres, car nous avons toujours eu une clientèle avec des patrimoines relativement importants, cherchant à être structurés de façon intelligente et transparente. Nous n'avions donc pas, par le passé, bénéficié de l'apport de clients retail de passage, si bien que nous n'avons pas été négativement impactés par la suite. Mais un changement de paradigme ne signifie pas forcément un changement de modèle. L'industrie du private banking a toujours dû, en partie, se réinventer pour montrer une réelle valeur ajoutée dans un environnement fiscal toujours plus concurrentiel. Cela a toujours constitué un challenge important pour la Place en général et pour nous en particulier. Nous nous estimons relativement bien armés, puisque nous nous appuyons déjà sur un tel positionnement ici. Pour ce qui est de la banque d'affaires, nous sommes très présents dans ce domaine. Citons quelques missions conclues avec succès, la cession de l'entreprise familiale Voyages Léonard de Liège à Sales-Lentz, la cession par Luxempart de la participation de 51% dans son pôle énergie à RWE, le retrait de la Bourse de Luxembourg, de BIP Investment Partners, ....

Nous voulons élargir ce rôle auprès des entreprises luxembourgeoises. Le pays regorge de groupes familiaux impressionnants, mais parfois peu connus ou sous-estimés et nous pensons que notre valeur ajoutée de conseiller indépendant peut trouver un écho auprès de ces family business owner.

Si vous pouvez changer une chose dans votre secteur d'activité, quelle serait-elle ? Que pourrait faire la Chambre de Commerce en ce sens ?

Nous soutenons tous les efforts qui visent à faire connaitre les atouts et l'importance de la Place financière du Luxembourg. Celle-ci peut contribuer activement au développement des entreprises locales. En tant qu'acteur en prise directe avec celles-ci, nous voulons souligner l'importance du rôle joué par la Chambre de Commerce. Par l'organisation de séminaires et de conférences, notre banque s'inscrit dans cette démarche stimulant l'entreprenariat. Notre réseau international peut offrir une complémentarité opportune avec celui de la Chambre de Commerce, dont la proximité avec le tissu économique local n'est plus à démontrer.

Un bref historique
1987 : la Banque Degroof fondée en 1871 à Bruxelles par Franz Philippson ouvre une filiale à Luxembourg : la Banque Degroof Luxembourg
1999 : création de DS LUX - DEGROOF INSURANCE BROKERAGE COMPANY.
2000 : intégration de Bearbull Luxembourg par la Banque Degroof Luxembourg.
2005 : la Banque Degroof Luxembourg acquiert la totalité des actions de la Banque Nagelmackers Luxembourg. Création de Degroof Gestion Institutionnelle - Luxembourg. Création d'une succursale Banque Degroof Luxembourg à Bruxelles.
2011 : ouverture d'un bureau de représentation à Hong Kong.
2012 : Banque Degroof Luxembourg fête ses 25 ans.
2013 : le groupe Degroof a conclu un partenariat stratégique avec la banque suisse Landolt & Cie conduisant à la fusion de la filiale suisse de Banque Degroof Luxembourg S.A. (Degroof Banque Privée) et de Landolt et Cie S.A.
2016 : fusion de la Banque Degroof avec le Groupe Petercam

 

Photos: Emmanuel Claude / Focalize

La Banque Degroof Luxembourg a été fondée en 1871 à Bruxelles par Franz Philippson. La filiale luxembourgeoise a ouvert ses portes en 1987 avec quatre collaborateurs installés au numéro 1 de la Place d’Armes

Alain Schockert, président du Conseil d’Administration Degroof Petercam Luxembourg a notamment souligné la fierté de la banque d'être restée indépendante depuis 145 ans

Toujours basée à Bruxelles (pour le siège), le groupe emploie aujourd’hui 1.400 professionnels expérimentés en Belgique, au Luxembourg, en France, en Espagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, et à Hong Kong

(De g. à dr.) Tom Baumert et Steve Breier, Chambre de Commerce