Votre partenaire pour la réussite
Suivez-nous sur

Luxembourg, centre névralgique du groupe Menarini

11.03.2014 11:32

MIOL: 20 ans au Grand-Duché

(de g. à d.) Jean Paul Capellini, directeur; Giovanni d’Aubert, administrateur délégué; Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de Commerce; Maurizio Masullo, logistic manager

Produit particulier s’il en est, un médicament arrive sur le marché, en moyenne, dix à quinze ans après le début des recherches, après un parcours complexe incluant l’obtention d’un brevet (le brevet donne un monopole temporaire d’une durée de 20 ans aux innovateurs et aux entreprises) et d’une autorisation de mise sur le marché, octroyée par l’autorité de santé compétente, selon des standards et des procédures très strictes et parfaitement définis suivant le pays de lancement.

En moyenne, seulement 1 médicament sur 5 000 passe l’étape de la distribution au grand public sachant que les coûts de la recherche et du développement peuvent avoisiner le milliard d’EUR par médicament.

Sans l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), un nouveau traitement ne pourra pas voir le jour et ce malgré les investissements réalisés.

Au regard de la longueur et des coûts afférents à la phase de R&D, les sociétés pharmaceutiques collaborent afin de rentabiliser leur investissement plus rapidement possible. 

C’est au Luxembourg, que le groupe Menarini gère ses alliances stratégiques avec ses partenaires pharmaceutiques, par le biais de la négociation des droits relatifs au développement des traitements thérapeutiques, l’achat ou la vente de licences, ainsi que la gestion quotidienne des contrats liés à la vie des produits sur les marchés. Pour la centaine de pays dans lesquels sont distribués les médicaments du groupe, Menarini International Operations Luxembourg S.A. (MIOL),  implantée depuis 1993 à Luxembourg et employant 35 personnes, fait figure de « porte d’entrée ». MIOL est responsable de l’ensemble des procédures administratives ainsi que de la gestion des mentions portées sur le conditionnement (les boîtes), les notices d’utilisation, devant être conformes à la législation

en vigueur dans chaque endroit du monde. Les commandes et les ventes des médicaments au niveau mondial, quelque soit la destination finale, sont également effectuées à partir de Luxembourg. La gestion du circuit de distribution de quelque 6 000 produits devant répondre à des normes strictes de traçabilité, et de quelques centaines de millions  de boîtes sortant des usines Menarini de même que la vie de milliers de médicaments, avant et après leur mise sur le marché, leur surveillance par les autorités sanitaires nationales ou internationales est ainsi gérée depuis le Luxembourg : MIOL étant la société responsable de tous ces documents officiels.

 

ITW avec Giovanni d’Aubert, administrateur délégué

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Nous sommes engagés dans une recherche de longue durée, axée principalement sur l’oncologie. De plus Menarini a récemment acquis une société italienne qui détient le brevet d’un appareil permettant un diagnostic non intrusif, dans le sens où il n’y a plus besoin de prélever des tissus du corps humain. Une simple analyse de sang permettra de déceler les cellules cancéreuses, cet appareil étant capable d’isoler les cellules tumorales. Nous souhaiterions mettre cet appareil à disposition des laboratoires d’analyse médicale, ce qui leur permettrait de faire un dépistage précoce des cellules cancéreuses, et à travers une synergie globale, de pouvoir soigner plus facilement et rapidement les patients avec les traitements adaptés sur lesquels nous travaillons également. Pour l’heure, nous en sommes au stade de la Recherche & Développement et nous ne pouvons qu’espérer une évolution positive du projet, mais ce qui est certain, c’est que si cela devait être le cas, le produit sur lequel nos scientifiques travaillent pourrait améliorer considérablement la vie de millions de personnes atteintes d’un cancer à travers le monde.

 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?

Menarini est toujours une société « privée » depuis près de 130 ans. Même si nous travaillons avec les plus grands laboratoires pharmaceutiques, que nous employons 17 000 personnes à travers le monde et que nous avons triplé notre chiffre d’affaires et notre taille en 15 ans, nous n’avons su faire cela avec nos seules forces, sans jamais avoir recours à des intervenants extérieurs ; nous avons su garder notre philosophie, sans jamais exagérer, tout en restant prudents et cohérents avec notre mission.  Nous avons la capacité d’envisager l’avenir comme un seul homme, de créer et de regarder tous dans la même direction, c’est une fierté !

Quels sont les grands défis auxquels doit faire face votre secteur d’activité ?

La crise économique mondiale a également touché le marché des produits pharmaceutiques et l’accroissement de réglementations, de plus en plus contraignantes, a forcément engendré une augmentation des coûts opérationnels.

Nous estimons que les contrôles sanitaires sont indispensables surtout au regard des récents scandales qui ont bien démontré la nécessité des contrôles plus rigoureux avant le lancement des produits sur les marchés. Toutefois ce que nous souhaiterions, tout en continuant  à assurer la qualité de nos services et de nos produits, ce serait tout simplement une plus grande réactivité et flexibilité administrative permettant de répondre plus efficacement aux défis du marché et de la concurrence menée notamment par des sociétés pharmaceutiques établies en Chine ou en Inde.

Si vous pouviez changer une chose dans votre secteur d’activité, laquelle serait-elle ? Que pourrait faire la Chambre de Commerce en ce sens ?

Nous sommes implantés dans le pays depuis plus de vingt ans et nous croyons représenter un secteur atypique dans le cadre de l’économie luxembourgeoise. Nous sommes une preuve que le Luxembourg n’attire pas que des banques et des assurances, mais aussi des sociétés industrielles comme la nôtre. Cependant notre business n’est pas connu et il ne bénéficie pas encore de l’attention qu’il mérite à notre avis. La Chambre de Commerce peut nous aider à créer un lien avec les autorités et développer des solutions aux besoins de l’industrie pharmaceutique en vue d’attirer davantage de sociétés pharmaceutiques opérationnelles au Luxembourg.

 

Historique

C’est à Naples que débute l’histoire de l’actuel groupe Menarini. Créé en 1886 par la famille du même nom, le « Farmacia Internazionale », un petit laboratoire, prend vite de l’envergure et déménage en plein cœur de Florence en 1915, où il est d’ailleurs toujours présent. Dans les années 90, l’entreprise familiale, connaît un fort développement à l’international au travers de l’établissement de nombreuses filiales en Europe. Le groupe est présent dans toute l’Union européenne, dont au Luxembourg depuis 1993, au travers de Menarini International Operations Luxembourg (MIOL, employant 35 personnes), en Suisse, dans toute l’Europe Centrale, en particulier en Russie, dans les pays de la Baltique et de l’ex-Union Soviétique, en Turquie, en Amérique Centrale, dans les principaux pays émergeants, Inde, Vietnam Corée, Chine, de même qu’en Afrique du Sud, Argentine, la distribution couvrant sur plus de 100 pays à travers le monde.

Les activités du groupe s’appuient sur la Recherche & Développement (700 chercheurs répartis sur 6 centres en Europe) de produits pharmaceutiques dans des champs thérapeutiques très diversifiés allant des pathologies cardio-vasculaires et gastro-intestinales, à l’oncologie, l’analgésie, jusqu’aux traitements anti-inflammatoires et antidouleur. Menarini Group se positionne au 16ème rang des groupes pharmaceutiques en Europe (sur 5 180) et au 38ème au niveau mondial (sur plus de 18 000) selon l’IMS World Review.  Son chiffre d’affaires s’élevait à 3,212 millions d’EUR en 2012 et le groupe employait environ 17 000 personnes à travers le monde.

Texte: Corinne Briault / Photos: Laurent Antonelli / Agence Blitz

 

Fichiers joints