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Un classement de compétitivité qui s’améliore, des défis structurels qui demeurent

22.05.2014 14:40

IMD World Competitiveness Yearbook (WCY) 2014

Dans l’édition 2014 du World Competitiveness Yearbook (WCY) de l’institut suisse IMD[1], le Luxembourg se classe à la 11ème place mondiale des économies les plus performantes parmi 60 pays, soit un avancement de 2 rangs par rapport à l’année précédente, ce que la Chambre de Commerce salue. Le Grand-Duché renoue de la sorte avec son classement de 2010 et de 2011.

Or, malgré ce rétablissement de l’ensemble des résultats des différents indicateurs, le Luxembourg n’est pas parvenu à renouer avec le bon positionnement d’avant-crise (4ème et 5ème rang mondial en 2007 et en 2008). La crise a laissé une empreinte durable. Elle a dévoilé les faiblesses structurelles du pays et jusqu’à présent, le Grand-Duché n’a pas réussi à maîtriser pleinement leur impact négatif, alors que nombre d’autres pays ont mené d’importantes réformes pour préparer leur économie pour la période post-crise.

A politique inchangée, le Luxembourg ne saura que partiellement tirer profit de la relance conjoncturelle qui se dessine à l’horizon international. Le calme relatif du moment risquerait dès lors de se muer rapidement en tempête, car d’importants défis structurels demeurent, et qui ne se résorberont pas grâce au seul concours de l’amélioration conjoncturelle. Ainsi, l'embellie économique doit être considérée comme une chance unique de soutenir la mise en œuvre de mesures correctrices inévitables pour asseoir le développement socio-économique sur un fondement solide à long terme et d’en amortir les éventuels effets défavorables à court terme.

Les résultats clés qui se dégagent de l’étude de compétitivité, par grands piliers, sont brièvement passés en revue ci-après. Le lecteur se référera à l’annexe au présent encadré pour un commentaire plus exhaustif des différentes évolutions.

Occupant le 4ème rang cette année, le Luxembourg s’approche du podium du pilier des performances économiques. Une nouvelle qui paraît tout à fait positive de prime abord, mais qui doit être quelque peu nuancée, étant donné la dépendance toujours forte de l’économie luxembourgeoise du secteur financier, sa diversification jugée insuffisante et les difficultés croissantes sur le marché de l’emploi.

Pour ce qui est de l’efficacité des pouvoirs publics, la politique fiscale, un avantage traditionnel du site luxembourgeois, connaît une perte de 4 rangs. D’autre part, les auteurs du rapport estiment que les finances publiques sont dans le vert, un résultat à interpréter avec une certaine prudence selon la Chambre de Commerce et notamment en vue d’une année 2015 marquée par un véritable choc sur le versant des comptes publics. S’y ajoute un système de protection sociale qui pèse lourd sur les finances publiques, et qui risque de se transformer en une véritable bombe à retardement à défaut de réformes permettant d’en asseoir la soutenabilité à long terme.

L’évolution du pilier de l’environnement des affaires légèrement positive dans l’ensemble, cache également certains vents contraires. Malgré un gain de deux places du pilier, la performance du sous-pilier relatif au marché du travail révèle une détérioration et bien que le sous-pilier de la productivité se soit amélioré, les problèmes fondamentaux afférents n’ont pas été résolus, selon la Chambre de Commerce.

La situation de l’économie luxembourgeoise s’améliore et la Chambre de Commerce s’en félicite. Cependant, des mesures correctrices s’imposent également au niveau des infrastructures. Alors que le Luxembourg affiche une performance solide dans le secteur de la santé notamment, il demeure une insuffisance au niveau des infrastructures, souvent immatérielles, nécessaires au déploiement des niches de compétences qui devraient porter l’économie luxembourgeoise à l’avenir, et ce notamment au vu du manque de main-d’œuvre qualifiée.

Encart méthodologique

Avec plus de 300 indicateurs différents recueillis pour chacun des 60 pays analysés, une certaine prudence prévaut dans l’interprétation des classements annuels de l’IMD. En effet, la pertinence de certains indicateurs peut dépendre de spécificités nationales qui se prêtent parfois mal à un exercice de comparaison. Néanmoins, le classement IMD demeure un outil utile à la prise de décision pour les autorités politiques des pays concernés puisqu’il permet de visualiser rapidement les forces et faiblesses de chacune des dimensions-clés de leur compétitivité. La comparaison peut se faire à la fois dans l’espace (entre le Luxembourg et d’autres zones géographiques) et dans le temps (performances du Luxembourg au fil des années). De manière générale, deux sortes d’indicateurs peuvent être identifiées : les indicateurs d’input (par exemple, investissements en infrastructures en pourcentage du PIB) d’une part, et les indicateurs d’output (par exemple, croissance du PIB) d’autre part. Les indicateurs d’input sont les indicateurs les plus à même d’être influencés par les décideurs politiques tandis que les indicateurs d’output reflètent, dans une certaine mesure, les résultats de ces décisions.

 

 


[1] Depuis 25 ans, l’institut suisse IMD (International Institute for Management Development) analyse la compétitivité de quelque 60 pays. Le classement est basé tant sur des indicateurs statistiques que sur l’opinion des décideurs économiques et des dirigeants d’entreprises. Au Luxembourg, l’enquête auprès des entreprises est coordonnée par la Chambre de Commerce. Plus précisément, l’enquête IMD repose sur l’examen de quatre piliers, à savoir les performances économiques, l’efficacité des pouvoirs publics, l’environnement des affaires et la qualité des infrastructures.