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Bilan 2018 et perspectives économiques pour 2019 : essoufflement économique et recrudescence des tensions ?

11.12.2018 10:49

Conférence de presse

« Le Gouvernement maintiendra un environnement économique attractif, entre autres par le biais d’un cadre économique et fiscal compétitif ». Cet extrait du programme gouvernemental pour les années 2018-2023 annonce la volonté du nouveau Gouvernement d’œuvrer en faveur d’un cadre porteur pour les entreprises. Cette volonté sera-t-elle assortie de mesures suffisamment robustes pour maintenir à flot la bonne santé de l’économie luxembourgeoise tout en la rendant plus résiliente face aux chocs externes et apte à relever la double transition écologique et numérique ?

Le climat économique international, ébranlé par la hausse des tensions commerciales et, sur le Vieux Continent, la montée des incertitudes liées au Brexit, gagne en hostilité, ce qui a pour conséquence de précipiter le ralentissement des principales économies. Dans ce contexte mouvementé, quel cap devra prendre le Luxembourg pour arriver à bon port et maintenir une croissance durable, basée sur la productivité des ressources ? C’est pour élucider cette question que la Chambre de Commerce analyse les faits économiques saillants de 2018 et les perspectives pour 2019 aux yeux des entrepreneurs grâce aux enseignements phare de l’étude annuelle « Eurochambres », dont elle assume la coordination pour le Luxembourg. De même, elle examine les grands axes du programme gouvernemental.

Au terme de son analyse, la Chambre de Commerce retient les messages qui suivent :

  • Au moment de la réalisation de l’enquête Eurochambres 2019, à savoir en septembre 2018, les entreprises interrogées étaient encore confiantes quant au contexte macroéconomique international en général et européen, en particulier. A l’heure actuelle, il semble cependant que le haut du cycle ait été atteint et que les prochains mois demeurent en proie aux turbulences internationales notamment dues aux incertitudes politiques, aux tendances protectionnistes et à la volatilité des marchés financiers ;
  • Dans cet environnement volatile, les entrepreneurs luxembourgeois semblent tirer leur épingle du jeu et plus de deux chefs d’entreprise sur trois estiment que le climat économique restera largement inchangé en 2019 comparé à 2018, même si les intentions d’investissements reculent, ce qui reflète les incertitudes ambiantes ;
  • L’accord de coalition est un plaidoyer pour la réussite de la transformation du Luxembourg dans le contexte de la nécessaire « double transition » écologique et énergétique, respectivement digitale et mise sur la simplification administrative, l’entrepreneuriat et la croissance qualitative ;
  • En revanche, l’accord de coalition fait l’impasse de la nécessaire adaptation de l’organisation du travail dans les entreprises par rapport à l’impératif de la digitalisation et en tant que mesure d’accompagnement pour permettre aux entreprises, et notamment aux PME, de s’adapter à la flexibilisation accrue accordée aux salariés et n’aborde par ailleurs pas le sujet de la maîtrise de l’évolution des coûts salariaux et la dépendance de plus en plus importante du financement des politiques publiques de la génération d’un taux de croissance élevé ;
  • L’avenir du Luxembourg dépendra d’un travail concerté entre l’ensemble des forces vives. La politique devra s’inscrire dans le long terme, préparer la soutenabilité des régimes de sécurité sociale et la gouvernance publique doit pleinement assumer les impératifs d’un modèle de croissance basé sur l’efficience et la productivité de toutes les ressources. Ce n’est qu’en garantissant durablement attractivité, innovation et compétitivité que le Luxembourg pourra demeurer une économie procurant la valeur ajoutée requise pour assurer un niveau de vie élevé.

Quo vadis conjoncture ?
La croissance mondiale évolue à un niveau moins soutenu et dans un environnement affichant des risques et incertitudes élevés. La croissance mondiale a atteint son sommet en 2017, et commence quelque peu à s’essouffler. Une bonne partie des économies majeures doivent en effet faire face à des incertitudes par rapport aux fluctuations des prix sur les marchés mondiaux des biens (parfois sous l’influence de nouvelles barrières douanières) ainsi qu’aux enjeux politiques sur le plan mondial et européen. Le climat conjoncturel étant marqué par des défis non négligeables, la stabilité de la conjoncture dans bon nombre de pays dépendra aussi de décisions politiques et (socio-) économiques à moyen terme.

Comment se portent les grandes puissances mondiales ?
Aux Etats-Unis, c’est encore l’euphorie qui règne avec une croissance de 2,9% en 2018 et 2,6% en 2019, même si on peut s’attendre à un retour de cycle après cette période de hausse  impressionnante que les USA ont connue depuis la crise des subprimes. Un facteur important qui jouera sur le développement de l’économie américaine est le changement de cap de leur politique économique étrangère, ce qui se traduit notamment par des tensions commerciales avec ses partenaires majeurs comme la Chine ou encore, l’Union européenne.

D’ailleurs, l’euphorie par rapport aux développements de l’économie américaine est freinée par des facteurs comme le déficit public important malgré un cycle économique des plus porteurs (ce qui souligne le caractère extrêmement pro-cyclique de la politique budgétaire américaine à l’heure actuelle). Sur toile de fond d’un plein emploi déjà atteint et d’une volonté affichée de limiter l’immigration, les moteurs de croissance s’étiolent.

Du côté du Japon, malgré de nombreux efforts pour relancer l’économie qui ont mené à un taux moyen annuel de croissance de 1,3% depuis 2012 (avec un sommet de 1,7% en 2017 et avec une baisse de la croissance qui atteindrait 1,1% en 2018 et 1,0% en 2019), le pays demeure sensible aux aléas environnementaux ainsi qu’aux guerres commerciales à cause de sa dépendance de la demande extérieure. A cela s’ajoute le défi démographique d’une population vieillissante avec pour résultat un déclin de la population (active et en général). D’autres enjeux sont ceux de la dette publique (qui reste à un niveau abyssal avec 236,4% du PIB) ou - sur le plan conjoncturel proprement dit - les tendances déflationnistes persistantes.

La Chine, pour sa part, faisait preuve d’un rattrapage exceptionnel en termes économiques pendant les années 1990 jusqu’en 2007, avec un taux de croissance moyen de 9% sur cette période (le niveau de vie moyen en parité de pouvoir d’achat ayant littéralement explosé de 700 USD au début des années 1990 à 13.000 USD aujourd’hui), et affichait une croissance de 6,9% en 2017 qui avoisinerait les 6,2% en 2018 et les 5,9% en 2019. La crise de 2009 a révélé les limites du modèle du rattrapage, soutenu par une main d’œuvre bon marché, des investissements étrangers conséquents et des exportations de biens manufacturés à des niveaux très significatifs,  ce qui a mené les dirigeants chinois à faire transiter l’économie vers un modèle de croissance plus durable et davantage basé sur les services et la demande indigène.

Pendant ce temps, la zone euro connaît un ralentissement …
La zone euro représente près d’un cinquième du PIB mondial (18,4%) et un taux de croissance de 2,1% en 2018 et de 1,9% en 2019. Elle vient de faire l’expérience d’un ralentissement économique malgré des investissements privés dynamiques. L’UE entrera en 2019 dans sa sixième année consécutive de croissance et l’ensemble des Etats membres devrait afficher des taux de croissance positifs à l’horizon 2019-2020. La remontée des cours pétroliers a impacté les tendances économiques ces derniers temps, tout comme l’essoufflement des exportations industrielles.

Par ailleurs, des risques économiques tangibles se dessinent. Parmi eux, le protectionnisme, les prix des actifs ainsi que les effets des tarifs douaniers américains portant déjà sur une panoplie de produits et pouvant le cas échéant être étendus à d’autres types de biens. De manière générale, le taux de croissance des exportations de la zone euro n’a atteint, pendant la première moitié de 2018, que la moitié de la vigueur affichée en 2017. L’Europe est fortement imbriquée dans les chaines de valeur internationales et réagit, de ce fait, rapidement à des chocs de demande ou à des investissements en baisse avec des incertitudes pour toile de fond.

La date pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne approchant rapidement, la menace d’un « Hard Brexit » persiste à ce stade. Une autre incertitude générale au sein de la zone euro concerne le possible changement de cap, fin 2019, de la politique monétaire, avec des répercussions notamment sur la situation budgétaire et fiscale de la zone.

… et les voisins immédiats du Luxembourg confirment cette tendance
Contrairement à la plupart des pays de l’UE ou encore de la zone euro, l’Allemagne est en train de vivre la plus longue période d’expansion économique depuis 1966, même s’il y a eu un certain ralentissement ces derniers temps, avec un taux de croissance de 1,7% en 2018 et de 1,8% pour 2019, contre 2,2% en 2017.

Ce qui vaut pour la zone euro, vaut aussi pour la Belgique, qui se voit confrontée à un ralentissement de sa croissance passant de 1,7% en 2017 à 1,5% en 2018 et 2019 qui va de pair avec un recul de la demande intérieure. Un point positif tout de même : la croissance de l’emploi reste soutenue dans le Royaume.

A l’instar de la Belgique et de toute la zone euro, la France vient de connaître un ralentissement généralisé de sa croissance, avec un taux passant de 2,2% en 2017 à 1,7% en 2018 et 1,6% en 2019. A cela s’ajoute un recul au niveau du climat des affaires et des investissements ayant pour résultat un recul de l’indice de confiance des ménages. La situation économique en France est actuellement fortement impactée par les manifestations du mouvement des « gilets jaunes ». Les effets sur l’environnement macroéconomique et sur l’attractivité de la France devraient influencer négativement les perceptions de croissance en 2019.

Brexit : les préparatifs continuent sur fond d’incertitudes
A la veille du Brexit, les répercussions que celui-ci a déjà eues sont nombreuses : au Royaume-Uni, les exportations ont chuté, l’investissement a reculé et le cours de la Livre Sterling a plongé. La croissance de l’économie britannique atteignait à peine 1,3% en 2018, avec un taux de croissance de 0,2% au premier semestre, soit le taux le plus bas depuis 2012. Le taux pour 2019 devrait être de 1,2%. Au sein de l’Union européenne, la question imminente du « Brexit » déterminera la conjoncture de l’année 2019, et également celle des années qui suivent.

Les relations que vont avoir l’Union européenne et le Royaume-Uni auront un impact pour tous les pays concernés. A cet égard, au Luxembourg, la Chambre de Commerce a réalisé une enquête intitulée « Le Brexit et ses enjeux pour les entreprises luxembourgeoises ». Près de 2 entreprises grand-ducales sur 3 ayant participé pensent être affectées au niveau de leur activité une fois le Royaume-Uni sorti de l’UE. Parmi les principales préoccupations figurent les possibles atteintes à la libre circulation des biens et services, une période d’incertitude et de volatilité des marchés internationaux, ou encore la mobilité réduite des travailleurs et des talents. Les entreprises luxembourgeoises redoutent aussi une complexité et un coût plus élevés en matière de taxes et tarifs douaniers, et de nouveaux cadres juridiques, plus difficilement lisibles.

Bien entendu, un « Hard Brexit » serait l’option la plus tranchante qui soit par rapport aux liens existants entre le Royaume-Uni et les pays de l’Union européenne. Le STATEC a tenté de quantifier les possibles effets négatifs d’un « Brexit dur » pour le Luxembourg, avec à la clé une possible baisse de 2,5% de la valeur ajoutée du secteur financier ainsi qu’une perte d’1% du PIB en volume d’ici 2020 et une perte de 1.600 postes de travail, dont 600 pour la Place. Abstraction faite de ses effets négatifs basés sur des hypothèses mécaniques, les externalités à court terme semblent mieux orientées. Ainsi, de grands acteurs financiers se sont redirigés et se dirigent encore vers le Luxembourg grâce notamment à son expertise et sa notation AAA, véritable label de confiance. A plus long terme, la sortie de la deuxième économie de l’UE - une économie résolument ouverte et favorable au commerce mondial - aura des effets pour le moins imprévisibles.

Dans son ensemble, l’économie luxembourgeoise est pour l’instant bien orientée
La situation économique au Grand-Duché permet un certain optimisme avec une croissance du PIB avoisinant les 3% pour cette année et l’année prochaine, même si les estimations afférentes ont été récemment révisées à la baisse par le STATEC. Le Luxembourg connaît en ce moment un redémarrage de la consommation domestique, tandis que son solde public s’améliore, soutenu par des recettes dynamiques, notamment aussi de la part des entreprises. Ainsi, avec un rendement cumulé de 2,8 milliards EUR en 2017 au titre d’impôt sur le revenu des collectivités, respectivement d’impôt commercial communal, ces deux recettes ont progressé de 844 millions, soit 44% depuis l’année « pré-crise » en 2007. A ceci s’ajoutent 521 millions encaissés au titre d’impôt sur la fortune des collectivités et 972 millions EUR de revenus au titre de la taxe d’abonnement.

Les défis auxquels le Luxembourg devra faire face tournent surtout autour des questions de la croissance, de sa durabilité et de ses externalités, et de comment réussir la transition vers un modèle de croissance qualitative, moins dépendant d’une utilisation sans cesse croissante de ressources. De plus, le Grand-Duché se verra confronté à de nombreuses questions surgissant du développement démographique du pays, notamment le vieillissement de la population et le financement de son modèle de sécurité sociale.

Les entreprises luxembourgeoises sont plutôt optimistes pour 2019
Si de nombreux experts prévoient une recrudescence des tensions en 2019, les entreprises luxembourgeoises, interrogées par le biais de la 26e édition de l’enquête Eurochambres (EES2019), ne versent pas pour autant dans le pessimisme, au vu des grands messages qui ressortent de l’enquête. La Chambre de Commerce en a identifié six principaux qui permettent d’apporter des éléments de réponse à la question « Qu’attendent les entreprises pour 2019 ? ». 

Ainsi, près de 70% des entreprises estiment que le climat économique restera largement inchangé en 2019 comparé à 2018, tandis que 1 entreprise de service sur 5, et 1 entreprise industrielle sur 7, anticipent même une amélioration. L’Etat, à travers sa gouvernance, son organisation et ses choix politiques, a un grand rôle à jouer dans la création et le maintien d’un cadre économique prévisible, stable et porteur pour les entreprises. Car dans un contexte d’incertitudes, les entreprises pourraient réduire ou différer leurs investissements et leurs intentions de recrutement, ce qui s’avérerait sous-optimal pour l’économie dans son ensemble. L’enquête EES2019 illustre déjà une certaine détérioration de la confiance des entreprises, puisqu’à peine 30% des entreprises envisagent d’accroître leurs investissements en 2019, alors qu’elles étaient près de 40% à le prévoir en 2018.

Mais un risque d’essoufflement de l’économie n’est pas la seule crainte des entreprises nationales. Il leur a en effet été demandé, pour la cinquième année consécutive, d’identifier un maximum de trois grands défis pour l’année en cours et l’année à venir. Pour les prestataires de services, les défis les plus cités sont invariablement ceux du manque de main-d’œuvre qualifiée, du coût du travail et de la demande intérieure. Cette année, le prix des énergies et des matières premières fait son entrée dans le « top 3 » des préoccupations des industriels, juste après le manque de main-d’œuvre qualifiée et le coût du travail, pour 2018 et 2019. Ce qui n’a rien d’étonnant, puisque dans l’environnement hautement concurrentiel au sein duquel elles évoluent, nos entreprises sont doublement pénalisées par la hausse des prix des énergies et des matières premières : alors qu’un renchérissement de ces derniers rend la production plus coûteuse et réduit les marges, le Luxembourg est actuellement l’un des (très) rares pays d’Europe à « bénéficier » d’un mécanisme d’indexation automatique des salaires, sans distinction sectorielle et sans considération de prix fixés sur les marchés internationaux, et notamment les prix énergétiques. Suite à leur importante pondération dans le panier sous-jacent à l’index, un relèvement des prix énergétiques de 10% a un impact de l’ordre de 0,7 point de pourcentage sur l’indice des prix luxembourgeois, faisant échoir des possibles tranches indiciaires de manière précoce.

Le coût du travail est le deuxième sujet d’inquiétude pointé par les entreprises de l’ensemble de l’économie, de manière récurrente depuis 5 ans. Et non sans raison puisque le divorce constaté du couple salaire / productivité défavorise la compétitivité-coût des entreprises. Or, la faible demande intérieure pousse les entreprises à se tourner vers les marchés étrangers. Si actuellement près de la moitié des entreprises anticipent une hausse de leur chiffre d’affaires à l’exportation pour 2019, l’érosion continue de la compétitivité-coût pourrait changer la donne.

Outre le coût du travail, le manque de main-d’œuvre qualifiée est également pointé du doigt de manière récurrente dans les enquêtes, et la problématique semble aller en s’aggravant au vu du pourcentage de citation qui ne cesse de s’accroitre (voir illustration en bas de page)

Or, selon l’EES2019, plus du tiers des entreprises interrogées prévoit d’engager de nouveaux collaborateurs en 2019. Si le Luxembourg veut résorber, de façon durable, ce frein au développement des entreprises, il doit lutter sur deux fronts : la formation de talents sur son sol et l’attrait de travailleurs qualifiés étrangers. Les études « Troisième Révolution Industrielle » et  « Travail 4.0 » au Luxembourg ont également mis en lumière la nécessité de formes de travail plus flexibles sur les plans géographique et horaire, au niveau sectoriel ainsi qu’au niveau des entreprises individuelles, pour faire face en particulier au manque endémique de main-d’œuvre qualifiée.

Accord de coalition : des annonces louables, des accents positifs, mais aussi un financement incertain et de nombreuses interrogations
« Le Gouvernement maintiendra un environnement économique attractif, entre autres par le biais d’un cadre économique et fiscal compétitif ». Ces quelques mots du programme gouvernemental pour les années 2018-2023 semblent confirmer la volonté du nouveau Gouvernement d’œuvrer en faveur d’un cadre porteur pour les entreprises, nouvelles ou déjà implantées. La Chambre de Commerce salue l’ambition d’aller vers la croissance qualitative, l’efficience des ressources, la productivité et la digitalisation accrue au sein des administrations et des entreprises.

Elle espère également que seront mises en œuvre rapidement de vraies incitations à l’investissement, un régime impatrié performant pour attirer les talents, les chercheurs, les start-ups et la promotion des actifs immatériels, qui sont au cœur de la croissance qualitative. La réactivité en matière de taux à l’affiche au niveau de l’imposition des entreprises est à saluer et la Chambre de Commerce espère que le point de pourcentage déjà décidé constitue le socle solide d’une feuille de route ambitieuse en matière de rétablissement de la compétitivité fiscale dans un contexte international mouvementé. Et pour cause, l’attractivité et la prévisibilité fiscales sont les garants de la pérennisation du « triple A » et, partant, de l’attrait du site luxembourgeois pour les investisseurs internationaux.

Autre cheval de bataille afin de résorber de façon durable le manque de main-d’œuvre qualifiée, l’école de demain doit encourager les talents et l’esprit d’initiative des jeunes, dans la continuité des efforts menés par les acteurs privés. La Chambre de Commerce ne ménagera pas ses efforts pour contribuer à une véritable « offensive des compétences à l’ère du numérique », en proposant des offres de formation à tout niveau, de l’apprentissage à l’universitaire, en passant par la formation professionnelle continue, dans la parfaite complémentarité des efforts menés par les acteurs publics.

La Chambre de Commerce fait siennes les déclarations relatives à la simplification administrative et à la modernisation des législations relatives à l’entrepreneuriat et à l’établissement des entreprises et encourage le gouvernement à faire preuve d’ambition en la matière, afin de permettre de dépoussiérer notre droit d’établissement et de l’arrimer à la digitalisation et à la concurrence internationale. La simplification administrative doit devenir un objectif transversal et la digitalisation doit en devenir le moteur et la courroie de distribution.

La Chambre de Commerce souligne en outre les velléités affichées pour désamorcer le goulet d’étranglement des infrastructures de transport saturées et elle salue la volonté affichée de réévaluer les instruments actuels en matière de promotion du logement, notamment en mettant l’accent davantage sur l’offre, notamment l’offre de logements sociaux locatifs. La Chambre de Commerce accompagnera de près l’évolution du dossier Luxexpo the Box et invite le gouvernement à faire preuve d’une grande proactivité dans ce dossier fondamental pour notre tissu de PME et nos ambitions en matière de tourisme d’affaires (MICE).

Pour garantir la confiance des investisseurs, la Chambre de Commerce encourage en outre des mesures plus fortes dans le domaine de la pérennisation à long terme du modèle de protection sociale. La Chambre de Commerce rappelle que les entreprises font beaucoup d’efforts pour contribuer à la modernisation voulue de la vie familiale et de la réconciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Les entreprises, et notamment les PME, s’attendent maintenant à ce que la flexibilisation de l’organisation du travail devienne une réalité concrète et qu’elle puisse être décidée entre l’entrepreneur et ses salariés, et non pas par un carcan national rigide. Elles ne souhaitent pas non plus que le sujet  s’embourbe dans un débat stérile avec des partenaires sociaux trop éloignés des réalités quotidiennes du terrain.

La Chambre de Commerce regrette in fine que le programme gouvernemental laisse de nombreuses questions ouvertes et des modalités pratiques non précisées et qu’il comporte de nombreux engagements très ambitieux non-budgétisés, dont la réalisation dépendra de la pérennisation d’un taux de croissance très élevé.

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Méthodologie

L’enquête Eurochambres 2019, c’est …

  • … une enquête qualitative sur la conjoncture, coordonnée par Eurochambres, l’Association des Chambres de Commerce et d'Industrie européennes qui représente plus de 20 millions d'entreprises en Europe

  • … une enquête annuelle, dont l’édition 2019 correspond au 26e opus

  • … une enquête menée au Luxembourg par la Chambre de Commerce en octobre, avec la collaboration de TNS-ILRES, auprès de plus de 1.000 entreprises industrielles et de services, de plus de 10 salariés

  • … une enquête représentative au vu du taux de réponse significatif : 528 entreprises participantes, dont 79% comptent entre 10 et 49 employés.