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Au-delà de l'image du Big Four

05.07.2016 10:35

EY Luxembourg

Michel Wurth, président de la Chambre de Commerce ; Alain Kinsch, country managing partner EY Luxembourg ; Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de Commerce.

Figurant parmi les principaux cabinets d’audit mondiaux, EY tel qu’il existe aujourd’hui est le résultat d’une série de fusions d’organisations, dont la plus récente eut lieu en 2002, notamment avec le rapprochement d’Ernst & Young (ancien nom d’EY) et Andersen. Juillet 2013 marque l’adoption d’un nouveau nom, EY, qui dévoile son nouveau logo et son nouveau slogan : Building a better working world. Entretien avec Alain Kinsch, country managing partner d’EY Luxembourg, au sein du nouveau bâtiment avenue John F. Kennedy.

Les racines d’EY remontent aux années 1890 et aux origines de ses fondateurs, Arthur Young et Alwin C. Ernst. Arthur Young est né à Glasgow, en Écosse. Diplômé en droit, il s’est rapidement tourné vers l’univers de la banque et de l’investissement. En 1890, il émigre aux États-Unis pour poursuivre une carrière dans la comptabilité, avant de fonder avec son frère Stanley, en 1906, un bureau de comptabilité, Arthur Young & Company. Alwin C. Ernst, lui, est né à Cleveland, aux États-Unis. Après avoir quitté l’école, il exerce le métier de comptable, puis fonde en 1903 avec son frère  Theodore un petit cabinet de comptabilité, Ernst & Ernst. Arthur Young et Alwin C. Ernst ont tous les deux été des pionniers. Ernst a lancé l’idée que les informations comptables pouvaient être utilisées pour prendre des décisions d’investissement et faire la différence pour les entreprises clientes. Il a ainsi encouragé ses employés à offrir un meilleur service à leurs clients. Young s’est également positionné comme conseiller d’affaires parallèlement au métier de comptable.

Les deux hommes avaient également mesuré toute l’importance du capital humain. Dès 1920, Ernst & Ernst affichait clairement sa philosophie : « Le succès d’Ernst & Ernst dépend entièrement de la personnalité, des compétences et du savoir-faire de ses femmes et de ses hommes. » Young s’est également distingué en soutenant ses salariés dans leur développement professionnel. Dans les années 1920, il fut à l’origine d’une école dédiée à son personnel et, dans les années 1930, l’entreprise fut la première à recruter des futurs ou jeunes diplômés sur les campus universitaires.

Les deux entreprises n’ont pas tardé à conquérir le marché mondial. Dès 1924, elles s’allient avec d’éminents cabinets britanniques : Young avec Broads Paterson & Co, et Ernst avec Whinney Smith & Whinney. Ces alliances réussies ont été les premières d’une longue liste pour les deux cabinets, qui dès lors ont ouvert des bureaux dans le monde entier au service de leurs clients internationaux.
L’histoire veut qu’Alwin C. Ernst et Arthur Young ne se soient jamais rencontrés, et qu’ils soient décédés en 1948, à seulement quelques mois d’intervalle. Toutefois, leurs philosophies ne se sont pas éteintes pour autant, et ont fini par se rencontrer, en 1989, lorsque les deux cabinets ont fusionné pour donner naissance à Ernst & Young. Le nouveau groupe a rapidement bâti son leadership mondial face aux évolutions structurelles voulues par la mondialisation galopante, les nouvelles technologies et par les marchés en constante évolution.

Présent au Luxembourg depuis 1977, le cabinet Ernst & Young s’est rapproché en 2002 d’Andersen (fondé initialement en 1981) pour devenir l’un des leaders de services d’audit, de fiscalité et de conseil au Luxembourg. L’expérience multidisciplinaire acquise par EY, dénommé ainsi depuis juillet 2013, lui permet de gagner la confiance des investisseurs, tout en les aidant à gérer leurs risques et à renforcer le contrôle de leurs activités. Ses services financiers incluent la gestion d’actifs, banque et marchés financiers, assurance, private equity, real estate et finance islamique. Les services dédiés au secteur commercial et public touchent aux technologies, médias et télécommunications (TMT), au gouvernement et au secteur public, à l’automobile, aux produits de consommation, aux sciences de la vie, au pétrole, au gaz et à l’électricité.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
« Le métier de fiscaliste est en train de se métamorphoser depuis quelque temps avec l’entrée en vigueur de standards internationaux, tels que Beps. Au Luxembourg, le métier change pour suivre également ces évolutions. Chez EY, nous considérons cette mutation comme une opportunité. En adaptant son modèle organisationnel, EY Luxembourg s’adapte au mieux aux besoins de ses clients internationaux et locaux. C’est en grande partie l’évolution du modèle organisationnel de nos clients qui guide l’évolution de notre propre structure. C’est spécifiquement pour cette raison que nos équipes sont spécialisées dans les services financiers, commerciaux, industriels et dans le secteur public pour conseiller, accompagner et guider au mieux les entreprises dans ce dédale de nouvelles législations permanentes. Autres grands projets : un travail de fond sur la digitalisation de nos services, que ce soit dans l’approche clients ou pour nos propres services, dont l’exemple le plus probant est la suppression du papier dans nos nouveaux locaux, et une réflexion marquée sur tout ce qui touche aux fintech, qui peuvent nous inspirer pour enrichir et adapter nos métiers.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier ?
« Je suis particulièrement fier que nous ayons construit un partenariat solide composé d’un groupe d’associés au sein duquel réside un véritable esprit d’équipe avec comme préoccupation principale l’excellence dans le service à nos clients. Cette équipe, regroupant des personnalités avec des talents très différents, est résolument tournée vers l’international tout en ayant un fort ancrage luxembourgeois. Autre fierté : notre passage de 700 collaborateurs à 1.250 employés en six ans. Cela démontre qu’EY Luxembourg est avant tout un créateur d’emplois, attirant des universitaires qualifiés des meilleures universités et écoles et leur offrant un apprentissage et une carrière uniques au sein de notre firme.

Quels sont les grands défis auxquels vous devez faire face dans votre secteur d’activité ?
« Notre plus grand défi aujourd’hui est de rendre nos métiers attractifs aux jeunes qui intègrent le marché du travail. Bien plus qu’un ‘vérificateur’, l’auditeur est aussi un penseur et un précurseur dans bien des domaines, du fait de notre expertise dans de nombreuses industries. Afin de nous adapter à un écosystème en perpétuelle mutation, nous aspirons également à repenser régulièrement le modèle de carrière que nous proposons aux jeunes que nous recrutons et recruterons dans les années à venir.

Si vous pouviez changer une chose dans votre secteur d’activité, quelle serait-elle ? Que pourrait faire la Chambre de Commerce en ce sens ?
« Je pense qu’il est primordial d’informer les Luxembourgeois dès leur plus jeune âge sur les multiples opportunités de carrière, tout autant dans le secteur financier qu’industriel, ou encore dans le secteur tertiaire. »


En quelques chiffres

  • Nombre d’employés au Grand-Duché : plus de 1.250 personnes
  • 50 nationalités
  • CA pour l’année fiscale 2015 : 165,5 millions d’euros (année fiscale prenant fin au 30 juin 2015)
  • Nombre d’employés dans le monde : 212.000 personnes

 

Texte : Corinne Briault – Photos : Pierre Guersing

Après deux années de travaux, EY Luxembourg a emménagé cette année au Kirchberg, dans un écrin de quelque 28.000 m2 pour un budget avoisinant les 100 millions d’euros.

Le nombre de collaborateurs est passé sur les six dernières années de 750 à plus de 1.200 personnes.

Le nombre de collaborateurs est passé sur les six dernières années de 750 à plus de 1.200 personnes.

Les services financiers d’EY Luxembourg incluent la gestion d’actifs, banque et marchés