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UP Trace, une PME qui trace son chemin

09.09.2015 09:11

Thierry Van Ravestyn

10 ans que Thierry van Ravestyn a créé la société UP trace. 10 années qu’il considère avec fierté et un brin d’étonnement d’avoir déjà parcouru tout ce chemin. Dans la vie d’un entrepreneur, il est rare de pouvoir prendre le temps d’un arrêt sur image. 10 ans est un cap qui vaut bien un bilan d’étape.

Quelle est exactement l’activité d’UP trace ?
« Notre société vend des solutions de marquage et d’étiquetage de marchandises ainsi que leurs corollaires, les solutions de lecture de ces marquages (codes barres, code 2D, RFID…) pour identifier automatiquement des biens et donc assurer leur traçabilité. Nous prenons en charge l’intégration de nos solutions techniques dans l’environnement du client, que ce soit pour faire dialoguer deux machines entre elles, par exemple une machine d’emballage avec une machine de marquage, ou que ce soit pour faire communiquer un lecteur de données avec le système informatique de gestion de l’entreprise cliente. Nos services comprennent l’analyse des besoins du client (par exemple le choix de la meilleure façon de marquer un produit donné, impression directe ou pose d’étiquette), la mise en place d’une solution technique, la formation des équipes utilisatrices, la maintenance après-vente et enfin la vente des consommables (encre, étiquettes…).
Nos équipes d’experts ont également développé deux softwares, labellisés made in Luxembourg en 2014. Le premier, Ariane, est une interface qui favorise l’automatisation des processus de traçabilité par l’intégration des solutions de marquage et d’acquisition de données ainsi que l’interfaçage avec les progiciels de gestion des clients ; l’autre, Seriane, est un logiciel qui permet d’identifier et de gérer tous les biens immobilisés d’une entreprise (mobilier, véhicules, PC, téléphones, biens de valeurs…)

Quels types de clients font appel à vos solutions ?
« Nos clients sont des entreprises de production ou de logistique, basées principalement au Luxembourg et en Belgique. Elles sont actives dans des secteurs très variés. Parmi nos projets récents, nous avons traité aussi bien de l’équipement automobile que des plats cuisinés ou encore des matériaux pour sols stratifiés ou des poêles à bois. Nous fournissons beaucoup d’entreprises  agroalimentaires et de fabricants de boissons qui travaillent pour la grande distribution et sont soumis à des obligations importantes d’étiquetage, comme celles que vient d’entraîner la nouvelle directive européenne sur les allergènes. Nous travaillons aussi avec des acteurs de la logistique, grossistes ou plateformes de distribution. La plupart de nos clients sont des PME, avec lesquelles nous entretenons un très bon relationnel, car nous parlons le même langage.

Quel est le parcours qui vous a mené à la création d’UP trace ?
« Après avoir suivi une double formation technique, l’une en horlogerie et l’autre en électricité-électronique industrielle, j’ai travaillé pour une petite société d’électromécanique située à Bruxelles. Puis j’ai été recruté par une firme spécialisée dans l’identification par codes barres pour assurer le support technique des clients du Luxembourg. Dans cette même entreprise, je suis ensuite passé au département Vente pour développer la clientèle luxembourgeoise depuis la Belgique. Grâce à cette prospection, j’ai constaté qu’il y avait du potentiel pour une filiale à part entière. J’ai proposé un business plan à mon employeur qui m’a confié la mission d’ouvrir un vrai bureau luxembourgeois. C’était en 1998. Suite à des divergences sur les options stratégiques, j’ai préféré, en 2005, lancer ma propre structure. Mon idée était de compléter l’offre avec des expertises complémentaires à l’identification automatique.

Quelles difficultés et opportunités avez-vous rencontrées dans votre parcours d’entrepreneur ?
« Comme j’avais déjà créé la filiale luxembourgeoise de la société belge pour laquelle je travaillais auparavant, je connaissais bien les étapes de la création d’entreprise au Grand-Duché. En outre, j’ai trouvé beaucoup de soutien et d’aide auprès de la Chambre de Commerce, qui m’a mis en relation avec la SNCI (Société nationale de crédit et d’investissement) pour obtenir un prêt de démarrage, cautionné par la MCAC (Mutualité de cautionnement et d’aide aux commerçants).
Ce qui n’était pas du tout prévu dans le business plan, en revanche, c’est la crise assez brutale de 2008/2009, qui est intervenue alors que la société était encore jeune et qui a freiné notre progression, nous empêchant d’atteindre nos objectifs. C’est une situation qui génère beaucoup de stress mais qui oblige en même temps à gérer l’affaire de manière très rigoureuse. Nos finances sont restées très saines.
L’une de nos grandes forces est d’avoir noué dès le début quelques partenariats solides avec certains fournisseurs et clients. J’ai par exemple trouvé un fabricant espagnol de machines de marquage avec lequel nous avons un contrat d’exclusivité pour le Benelux et le nord de la France. Ce fabricant  propose des marqueuses / étiqueteuses d’une qualité et d’une fiabilité hors normes, que l’on ne trouve nulle part ailleurs et qui nous donnent un avantage concurrentiel certain.
Nous avons aussi quelques clients historiques que nous accompagnons dans  leur propre croissance. Je pense notamment au Groupe François, société belge active dans plusieurs métiers du bois, qui a récemment créé Kiowatt au Luxembourg.

Comment est la concurrence dans votre domaine et comment faites-vous la différence ?
« Nous avons des concurrents sur chacun de nos quatre métiers, marquage / étiquetage, identification automatique, intégration et expertise. Il est plus rare de trouver des sociétés qui proposent l’ensemble des services, ou alors ce sont de gros cabinets qui travaillent essentiellement pour des multinationales. Nous avons la taille parfaite pour une clientèle de PME qui recherchent une prestation complète délivrée par l’un de leurs pairs. Nous avons mis au point un système de CRM (Customer Relationship Management) qui permet à chaque membre de l’équipe de suivre en permanence l’état des contacts avec chaque client, y compris en situation de mobilité sur le terrain, car les informations sont synchronisées sur nos smartphones. Pour le moment, notre CRM est conçu sur base des contacts Outlook, reliés à la base de données clients sur notre serveur, qui centralise tous les documents, des contrats aux factures. Le tout bénéficie d’un back-up de sécurité quotidien.

L’an dernier, vous avez remporté le Prix luxembourgeois de la qualité et de l’excellence. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
« Cela signifie avant tout la reconnaissance de notre savoir-faire et de l’efficacité de nos façons de travailler. Cela nous prouve que les valeurs qui nous animent au quotidien sont pertinentes, notamment la réactivité et la  proactivité, l’engagement, l’écoute des clients et l’esprit de service. Ce dernier  point est important. Nous sommes convaincus qu’un bon produit avec un mauvais niveau de service ne crée pas de satisfaction. Avoir obtenu le Prix de la qualité nous prouve également que nous avons la capacité de bien nous auto-évaluer. En 2011 en effet, nous avions remporté la mention ‘sur la voie de l’excellence’ et nous avions choisi d’attendre 2014 pour envoyer à nouveau notre candidature. Nous voulions être sûrs que toutes les pistes d’amélioration identifiées trois ans plus tôt étaient désormais au point, y compris nos outils marketing (site internet, plaquettes...) entièrement renouvelés et expliquant plus clairement nos offres. Nous voulions aussi consolider notre bilan qui, en 2011, était encore fragilisé par la crise. Nous sommes  fiers d’avoir obtenu ce  prix et nous le mettons en avant sur nos documents promotionnels, mais nous sommes aussi conscients que cela crée une légitime exigence supplémentaire  chez nos clients. Cela nous encourage à maintenir la barre très haut.

Quelles sont vos perspectives d’avenir ?
« L’année 2015 s’annonce bien, après une année 2014 qui fut un bon cru également. Nous sentons que nos clients sont en train de rattraper les investissements auxquels ils avaient renoncé les années précédentes. Cela nous donne un certain confort et relâche un peu la pression. Nous avons
aussi une meilleure notoriété et cela fait boule de neige avec un bouche-à-oreille positif et l’impact de nos nouveaux outils de communication. Tout cela nous donne accès à de nouveaux marchés. Maintenant, nous pouvons investir dans de nouvelles compétences pour consolider notre position. Rien qu’en juillet, nous avons concrétisé trois embauches. Dans nos projets d’avenir, nous avons inscrit la prospection du marché français, l’amélioration de la convivialité de notre software Ariane, la traduction de notre logiciel Seriane dans un nouveau jeu de langues (existe déjà en français, anglais, néerlandais et allemand, ndlr) et la promotion de celui-ci par un réseau de revendeurs. C’est important pour l’équipe de voir que leur entreprise voit toujours plus loin et a toujours de nouveaux projets : c’est motivant, notamment pour les nouveaux embauchés. Cela ouvre des perspectives à tout le monde. »

UP trace en chiffres :

  • 10 employés, dont trois dans la divisiontechnique, trois dans la division software et deux technico-commerciaux.
  • 250 clients utilisant les solutions UP trace.
  • Plus de 7 millions de produitsmarqués, étiquetés et identifiés chaque année.

 

Texte : Catherine Moisy - Photos : Emmanuel Claude / Focalize

Dans le domaine du marquage, le type de support dicte le choix entre marquage jet d’encre, laser ou par pose d’étiquette.

Thierry van Ravestyn : « Ce que je préfère dans mon métier est d’aller chez les clients concrétiser des solutions sur le terrain. Au-delà de cela, tout projet qui fait intervenir de la créativité m’intéresse, et notamment toutes les réflexions autour du marketing. »