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Au plus près des réalités des entreprises
Dans un environnement économique qui reste marqué par la crise économique, la Chambre de Commerce a tenu son Assemblée Plénière le mercredi 7 juillet dernier, non pas comme à l’accoutumée à Luxembourg, mais dans la commune de Diekirch, qui célèbre cette année ses 750 ans. En choisissant le lycée classique de Diekirch comme lieu de rencontre de ses membres élus, la Chambre de Commerce a non seulement souligné sa volonté d’impliquer et de sensibiliser le monde scolaire aux défis de l’économie, mais a également ouvert la possibilité de rencontrer les chefs d’entreprises du Nord pour évoquer avec eux les problèmes et défis rencontrés dans cette partie du pays.
Une vingtaine de dirigeants d’entreprise ont ainsi accepté l’invitation de la Chambre de Commerce et sont venus partager leurs expériences et décrire les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Outre l’indexation automatique des salaires, qui reste un important désavantage compétitif aux yeux de toutes les entreprises du pays, les dirigeants du Nord ont également évoqué des problèmes spécifiques à leur région, tels que l’insuffisance chronique de zones d’implantation et la complexité pour les entrepreneurs d’obtenir les autorisations nécessaires pour s’y installer lorsqu’elles existent.
Cette opacité des règles d’accès est décrite par les patrons concernés comme un frein inacceptable au développement économique de toute la région.
Autre problème récurrent évoqué par la majorité des entrepreneurs: celui des lourdeurs administratives. Les chefs d’entreprises invités étaient en effet unanimes à condamner la lenteur des procédures au Luxembourg et certains sont même allés jusqu’à invoquer des cas de «malveillance» de certaines administrations envers des projets à forte valeur ajoutée pour l’économie et pour le marché du travail luxembourgeois. Lors de ces échanges, un entrepreneur s’est réjoui d’avoir enfin pu achever sa procédure commodo-incommodo… après un «parcours du combattant» qui n’aura duré pas moins de dix ans, tandis qu’un autre a expliqué qu’il attendait toujours la réponse de l’administration pour une procédure entamée en 1987! Ces situations aberrantes ont poussé la Chambre de Commerce à plaider pour l’introduction d’un nouveau principe, à savoir que si l’administration ne répond pas dans un délai raisonnable de 2 mois, son silence vaut pour accord.
Les lourdeurs administratives ne constituent qu’un exemple parmi d’autres obstacles auxquels se trouvent aujourd’hui confrontés les entrepreneurs, qui sont autant de créateurs de valeur ajoutée au Luxembourg. Les trois quarts des patrons d’entreprises présents sont confrontés à des problèmes de recrutement et ne trouvent pas d’employés disposant des compétences nécessaires pour occuper les postes ouverts, confirmant par là l’écart qui se creuse sur le marché du travail entre l’offre et la demande. En d’autres termes, l’inadéquation entre les postes et les employés disponibles continue d’augmenter.
Remédier à cette situation est un des grands objectifs que s’est donné la Chambre de Commerce en lançant l’an dernier en octobre la «Luxembourg School for Commerce». Cet objectif est d’autant plus ambitieux que de nombreux jeunes diplômés hautement qualifiés cherchent souvent un poste auprès du Gouvernement, des administrations communales ou des institutions publiques, ce qui assèchent le marché de l’emploi pour le secteur privé. Il en résulte une aggravation de la situation déjà tendue pour les entreprises luxembourgeoises et souligne le paradoxe du marché du travail grand-ducal où, d’un côté, on observe une montée du chômage et, de l’autre, des entreprises qui ne parviennent pas à trouver des candidats pour les postes qu’elles ont à proposer.
Cette rencontre avec les entreprises à Diekirch a ainsi été très instructive pour la Chambre de Commerce et l’a confortée dans sa volonté d’agir pour l’amélioration du cadre législatif et entrepreneurial au Luxembourg. La Chambre de Commerce entend aussi multiplier les formations et les conférences spécifiques aux problématiques évoquées dans le dialogue avec ses membres et fera remonter leurs griefs aux ministères et administrations concernés, tout en proposant des solutions pour remédier aux problèmes les plus pressants. |