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L'art sous toutes ses facettes

08.03.2016 09:53

MoNa Art Consulting

« Le fait d’avoir été chercheur rattachée à l’université du Luxembourg et d’avoir occupé un poste de direction dans le secteur muséal institutionnel en France est un gage de crédibilité et sérieux »

Nadège Mougel, diplômée en histoire contemporaine, en commerce de l’art, et spécialisée en conservation du patrimoine, a fondé MoNa Art Consulting en janvier 2015. Ce cabinet d’expertise-conseil propose conseil et assistance, expertise et estimation, valorisation, ainsi que toute recherche spécifique et personnalisée dans le domaine des œuvres d’art.

 

L’ouverture du Freeport vous a-t-elle donné l’idée de créer MoNa Art ConsultinG?

N. M. : Mon installation à Luxembourg a été motivée par un faisceau de facteurs favorables, notamment l’ouverture du Freeport sur la principale place financière de la zone euro. Luxembourg est donc rapidement apparu à mes yeux, comme le lieu idéal pour développer une synergie entre l’art et la finance. J’ai créé ma société en janvier 2015 et j’étais basée à Luxembourg-ville, Puis, très vite, il a fallu trouver un espace pour exposer les œuvres qui m’étaient confiées à la vente et, cela, afin de répondre à des conditions optimales de sécurité et de conservation. J’ai trouvé un écrin de beauté et de confidentialité dans une maison d’architecte à Soleuvre, dont j’ai fait aménager le rez-de-chaussée. Les œuvres y sont visibles principalement sur rendez-vous.

J’ai également créé un site web qui permet de faciliter les transactions en mettant en relation les acquéreurs avec les œuvres proposées. Je me suis spécialisée dans les arts décoratifs du XXe siècle (mobilier, verrerie, sculpture Art Nouveau, Art Déco et Design) et dans les tableaux et dessins de quelques grands maîtres du XIXe et du XXe s. Le marché de l’art est en forte expansion et 2015 a été l’année de tous les records ! J’ai reçu des demandes de très nombreux clients. Avec l’arrivée du Freeport, nous bénéficions d’une législation favorable et le Luxembourg est en passe de devenir une véritable passerelle vers le marché de l’art européen.

 

Qui sont vos clients et quels services proposez-vous?

N. M. : MoNa Art Consulting dispose d’une autorisation ministérielle d’établissement en qualité de « conseil en œuvres d’art », reconnaissant officiellement son activité sur la place luxembourgeoise. Les démarches ont été assez fastidieuses, car c’est une profession libérale atypique et nouvelle au Grand-Duché.

L’art est un domaine que l’on aime partager mais c’est également un investissement alternatif qui se distingue des autres actifs financiers. L’art n’est corrélé ni avec le marché économique, ni avec le marché immobilier et il survit aux krachs boursiers. Enfin, le retour sur investissement dans l’art surpasse, depuis quelques années, les investissements traditionnels. Les conseils de mon cabinet s’adressent à des particuliers et des gestionnaires de fortune. Je travaille aussi avec des compagnies d’assurance pour des estimations dans le cadogmenter les transactions via la  y concourrir. re de réévaluation de contrat, après sinistre pour chiffrer les dépréciations ou dans le cas de prêt d'œuvres. Les musées, fondations et grandes entreprises figurent également parmi ma clientèle.

Mes prestations répondent aux besoins précis d’une clientèle haut de gamme et les conseils que je dispense, s’adressent à des particuliers, des collectionneurs et des gestionnaires de fortune proposant l’art comme source de diversification de placement. Si nécessaire, j’assure un service de veille et j’alerte les musées quand je vois passer des pièces qu’ils recherchent. J’aide encore les musées à monter une exposition.

Le marché de l’art est souvent qualifié d’opaque et le recours à un expert s’avère nécessaire pour acheter, vendre, assurer, partager ou constituer une collection. Au Luxembourg, les banques comptent très peu de spécialistes ayant à la fois des connaissances en marché de l’art et pouvant percevoir la valeur intrinsèque ou historique des œuvres. Il existe des conseillers qui travaillent pour le compte de collectionneurs ou pour des assurances lorsqu’un propriétaire acquiert de nouvelles pièces, mais ils ne sont pas en mesure de proposer les services d’un cabinet de courtage présentant, en plus des conseils dispensés, la particularité d’exposer les œuvres qui lui sont confiées à la vente. Le métier de commissaire-priseur n’étant pas installé à Luxembourg, les ventes aux enchères y sont rares.

Grâce à son nouveau showroom, MoNa Art Consulting propose une sélection d’œuvres historiques, toutes signées et cotées sur le marché. Ce concept innovant de dépôt d’œuvres d’art haut de gamme vient enrichir et compléter le marché luxembourgeois. Il ne peut que ravir l’intérêt des collectionneurs de pièces jusqu’à lors introuvables au Grand-Duché.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

N. M. : A 38 ans, le cabinet d’expertise-conseil en œuvre d’art que j’ai fondé est l’aboutissement de mon parcours professionnel. J’ai eu besoin d’indépendance, besoin aussi de récolter les fruits du travail engagé, saisir les opportunités.

Après des études en histoire et en histoire de l’art, plusieurs contrats de recherches universitaires et une expérience de cadre au sein d’un ministère en France, j’ai été nommée, alors que je n’avais pas trente ans, à un poste de Conservatrice du patrimoine, en charge d’un musée institutionnel.

J’ai exercé cette fonction en tant que directrice  de la Maison historique et du Musée départemental de Robert Schuman à Scy-Chazelles, site du Conseil Général de la Moselle et, tête de pont d'un réseau constitué de plusieurs musées européens.

Comme directrice de cet établissement public, j’ai été chargée de la mise en valeur des collections et de la modernisation du site. Ce projet culturel et scientifique de plusieurs millions d’euros passait par la conception d’une extension muséale de 2 000 m2 dont j’ai conduit la réalisation pendant les trois ans impartis. Cette expérience, très formatrice, m'a permis de gagner en crédibilité et de développer les compétences répondant aux exigences attendues, tout en enrichissant le terreau de connaissances, méthodes et pratiques scientifiques sur lequel je m'appuie encore aujourd'hui. J'utilise, d'ailleurs, toujours les contacts professionnels noués à cette époque, tels que des restaurateurs du patrimoine habilités "Musées de France" pour intervenir sur des œuvres à la demande de mes clients. Je fais également toujours appel à des spécialistes du matériel à destination des musées (éclairage, accrochage ou soclage), répondant aux normes de la conservation préventive, lorsque les pièces détenues par ma clientèle sont de qualité muséale.

Malgré mon expérience à un poste de directrice de musée et plusieurs participations ou commissariats d'expositions notamment à Paris, Bruxelles ou Luxembourg, je me sentais coupée du marché et de la valeur pécuniaire des œuvres. Pour compléter mon profil et préparer les conditions favorables au développement de mon métier, je suis partie à Paris me former au marché de l'art. Cette nouvelle expérience a été l'occasion de collaborer avec François Laffanour Downtown Galerie, une galerie internationalement reconnue de Saint Germain des Près, spécialisée dans le mobilier de designers et d’architectes du XXe siècle tels que Jean Prouvé, Le Corbusier ou Charlotte Perriand. J'ai effectué des recherches en archives puis identifié et localisé les pièces avant de contacter les propriétaires. J'ai également travaillé pour le compte d'un commissaire-priseur judiciaire de la maison de ventes aux enchères Rossini à Paris-Drouot, le plus important centre de ventes aux enchères d'œuvres d'art au monde.

 

Que vous ont apporté toutes Ces expériences ?

N. M. : Tour à tour, j’ai exercé des fonctions de conservatrice et de commissaire d’expositions et j’ai été amenée à collaborer avec des restaurateurs du patrimoine, marchands d’art, galeristes, commissaires-priseurs judiciaires, experts… J’ai appris à maîtriser les différents aspects du métier et les codes liés au marché de l’art. Je voulais comprendre le rôle du notaire, celui du juge, savoir comment les avocats des parties intervenaient, notamment dans le cadre de succession. Il était aussi question pour moi de créer un réseau de contacts internationaux parmi les principaux acteurs du marché.

Mon diplôme en histoire contemporaine et en commerce de l’art, le fait d’avoir été  chercheur rattachée à l’Université du Luxembourg et d'avoir occupé un poste de direction dans le secteur muséal institutionnel français avant de créer mon cabinet d’expertise-conseil-courtage en œuvres d’art au Grand-Duché constituent un gage de crédibilité et de sérieux. Pour plus de transparence, je suis rémunérée pour mes prestations de services sur base d'un taux horaire fixe ou forfaitaire convenu au préalable et en fonction de la mission confiée.

 

Quelles sont les qualités requises pour exercer un métier comme le vôtre?

N. M. : Vous êtes en contact avec une clientèle prestigieuse et exigeante, de grands capitaines d’industrie ou des personnes issues du monde de la politique. Il faut savoir rester discret… C’est essentiel et ça me plait bien ! (Rires) Je me définis avant tout comme une personne discrète, droite et experte. Je sais faire preuve de rigueur et de persévérance… Dans le cas d’une expertise, le travail d’identification et d’authentification est très long. Il faut parfois déplacer des montagnes d’archives pour enfin trouver le document qui vient corroborer une thèse.

 

De quelle réalisation professionnelle êtes-vous la plus fière ?

N. B. : Je me souviens avec émotion du jour de l’inauguration du musée Robert Schuman, après trois ans de travail acharné. J’ai ressenti une immense fierté !

J’ai éprouvé également une grande satisfaction quand je suis venue en aide à une illustre famille, dans le cadre d’une succession litigieuse, où les héritiers se déchiraient pour la répartition des œuvres léguées. J'ai réussi à mettre d'accord les parties et à concourir au partage en proposant une répartition par lots « égaux en nature, valeur et bonté » (NDLR. : bonté, càd. en état de conservation optimale) conformément aux droits de chacun et cela, après plus de dix ans de querelle et un dossier tombé aux oubliettes depuis plusieurs années.

 

Avez-vous pu bénéficier de l’aide de certains organismes ou réseaux au Luxembourg ?

N. B. : J’ai eu l’honneur d’être sélectionnée pour faire partie de la promotion 2015 des mentorés dans le cadre du  programme de Business Mentoring, piloté par la Chambre de Commerce. De cette manière, j’ai pu sortir de mon isolement en phase de démarrage de mon activité et être mise en relation avec le tissu entrepreneurial luxembourgeois. Un mentor, entrepreneur confirmé et expérimenté, qui m'accompagne dans la prise de décisions stratégiques liées à mon activité, me permet aussi de me familiariser avec les codes de l'entrepreneuriat. Il m'a transmis des savoirs-clés et a su révéler mon potentiel en termes de savoir "être".

 

Pourquoi le Luxembourg ?

N. B. : Outre le faisceau de facteurs favorables déjà évoqué, le Grand-Duché offre une ouverture sur un marché élargi et permet d'éviter le cloisonnement de par sa position de carrefour au cœur de l’Europe. On y trouve une richesse culturelle et des interlocuteurs internationaux et cosmopolites. Ma clientèle est essentiellement luxembourgeoise, mais elle a rayonné à l’international. En même temps, le Luxembourg est un microcosme. Tout le monde se connait, ce qui n’est pas toujours évident dans un métier où la discrétion est de rigueur. Je viens de l’extérieur et je suis non-Luxembourgeoise, ce qui, pour certaines grandes familles luxembourgeoises, me confère une certaine neutralité et objectivité.

 

Avez-vous dû faire face à certaines difficultés ?

M. N. : Comme je vous le disais, l’obtention de l’autorisation ministérielle d’établissement en qualité de « conseil en œuvres d’art », a relevé du parcours du combattant. Je dois maintenant faire face à une autre difficulté : actuellement, mon dossier est en attente de traitement auprès du Ministère de la Justice pour figurer sur la liste des experts judiciaires assermentés dans la branche art, histoire et objets d’art. Dans le cas de certaines procédures comme les successions litigieuses ou les divorces, la Justice fait appel à l’expertise de personnes assermentées et qualifiées dans le domaine de l’art pour dresser un inventaire avec estimations des pièces avant partage. Aujourd’hui, figurent surtout sur cette liste les noms de quelques antiquaires. Mais, je ne désespère pas que mon nom y figure un jour, eu égard notamment à mon expérience et à mes qualifications dans le domaine. Je vais faire preuve de persévérance et tout mettre en œuvre pour y accéder. Quand la porte est fermée, je passe par la fenêtre, surtout quand il y a une juste cause à défendre !

 

Quels sont vos objectifs à court et à moyen terme ?

M. N. : Dans un premier temps, je souhaite augmenter ma visibilité à Luxembourg et les transactions via la plate-forme de vente d’œuvres d’art mises en ligne. Ensuite, j’aimerais exporter le modèle luxembourgeois en installant d’autres cabinets d’expertise-conseil dans les principales capitales européennes comme Paris ou Bruxelles, en fonction de leur spécificité sur le marché de l’art. En m’appuyant sur mon réseau de contacts qui, s’en trouvera encore renforcé, nous pourrons ainsi répondre aux attentes de nos clients, quels que soient leurs souhaits et l’endroit où ils se trouvent.

www.monaartconsulting.eu

 

Texte : Marie-Hélène Trouillez - Photos : Gaël Lesure

Nadège Mougel, diplômée en histoire contemporaine et en commerce de l’art, également spécialisée en conservation du patrimoine, a fondé MoNa Art Consulting Consulting, un cabinet d’expertise-conseil